LA PIERRE DE SATAN

Roman métahistorique, Les heures bleues, 2021

Des attentats du 11 septembre à l’incendie de Notre-Dame, un roman visionnaire sur l’endiablement du monde.


Pub à Radio VM, janvier 2022

RECENSIONS

ENTREVUES


EXTRAITS



Recensions, commentaires et entrevues

L’écriture de Mario Pelletier — parlons de style — se déploie dans le sillon d’un Proust pour la finesse et l’élégance, et d’un Rabelais pour la vigueur, la puissance et la franchise, la verdeur du verbe, la rudesse dont on sait parfois faire preuve quand on cherche à exprimer certaines vérités.

P.-A. Despiaux, revue Possibles, été 2023

Ce roman de 470 pages est un véritable chef-d’œuvre… Monsieur Pelletier a une plume superbe, une plume extraordinaire… fine, drôle, recherchée et joliment intellectuelle. Il manipule des rapprochements inattendus de synonymies et d’antonymies à nous en couper le souffle… Cette colonne est trop petite pour rendre hommage à son immense talent. À lire absolument.

Pierre Chagnon, journal La Relève, 29 mars 2022

La pierre de Satan, c’est une immense fresque… un livre passionnant.. qui nous fait voyager dans le temps, dans l’histoire, dans le rêve aussi… un magnifique roman qui attend, je l’espère, de devenir un film.

Aziz Farès, Les chemins de l’humanité, Radio VM, 25 mars 2022

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La pierre de Satan est un roman extraordinaire… J’ai été éblouie par l’écriture et par la maîtrise de toutes les ramifications de ce récit complexe. Une histoire très riche, avec beaucoup de personnages et de rebondissements, s’étendant sur trois siècles dans quatre pays, mais on ne s’y perd jamais… Et l’écriture est merveilleuse, tellement qu’on se prend souvent à relire des passages d’une grande beauté.

Josée Bonneville, Arts et lettres, Radio VM, 12 janvier 2022

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On n’en a jamais fini de lire ce roman dense, à la recherche de plusieurs détails qui nous ont échappé, l’ensemble du récit nous catapultant dans une histoire menée tambour battant… Plus qu’un roman, c’est une fresque… amours passionnelles, déboires politiques, pauvreté de pays encore sous tutelle, tant d’autres situations grinçantes que dépeint la plume habile et dynamique de l’écrivain Mario Pelletier.

Dominique Blondeau, Ma page littéraire, 10 janvier 2022

J’ai été très impressionnée… fascinée par cette histoire passionnante. Une grande histoire remplie de petites histoires et de personnages fabuleux… Une fois qu’on plonge dans le livre, on est emporté… Vraiment, une grande réussite !

Arlette Fara, Émission Les Faramineux, Canal M, 17 déc. 2021

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Il faut croire qu’il existe encore de nos jours des écrivains capables d’une envergure permettant un regard et une complexité dans l’enchevêtrement du temps et de l’espace dans un récit. Voilà ce que nous propose Mario Pelletier dans ce roman plus qu’imposant. Il montre une ambition et une architectonique de son art digne des œuvres patiemment construites, d’une écriture qui sait prendre le temps pour aboutir à une vue d’ensemble et mettre en avant une vision du monde que d’aucuns qualifieraient sans doute de post-apocalyptique… Le roman que Mario Pelletier a écrit, et osé, transcende ces récits qui épousent le genre de l’autofiction. Il évoque le monde dans ce qu’il peut receler de secrets, de mystères, d’énigmes et tente de donner chair à la complexité de l’univers.

Jean-Pierre Pelletier, RAPPEL:Parole-Création, 14 déc. 2021

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Un livre palpitant… une écriture extraordinaire !

Claudine Bertrand, Arts et lettres, Radio VM, 2 déc. 2021

Mario Pelletier à la plume polyvalente… Sa virtuosité en écriture lui réussit tout aussi bien dans le domaine de la littérature où on l’a vu s’épanouir dans différents genres… Il débarque avec La pierre de Satan, une pierre mystérieuse et maléfique… une sacrée imagination, servie par une plume alerte… On ne s’ennuie pas une seconde, d’autant que la saga entourant cette pierre précieuse s’étire sur trois siècles.

Culture Hebdo, novembre 2021

« La pierre de Satan » est captivant et phénoménal.

(Dans) cette histoire, entrelacs fictionnel et autobiographique, nous suivons Loïc Bolduc qui fait un rêve prémonitoire, déclencheur d’un drame à l’arborescence époustouflante. Combien d’heures, de réflexions, de recherches pour construire un tel chef- d’œuvre ?

Macrocosme de notre monde en péril… plus qu’une quête, ce roman est un esprit. On a l’impression fulgurante d’être dans le dépassement de tout entendement.

Les Tours de WTC, Notre Dame de Paris, le feu encercle  « La pierre de Satan ». On ressent la même ambiance que « Le Nom de la rose » d’Umberto Eco, et « Da Vinci Code » de Dan Brown. Les empreintes secrètes, obscures, intuitives, troublantes et historiques d’un monde parallèle et étrange et qui, pourtant est notre contemporanéité.

Mario Pelletier est un guide. Nous le suivons avec curiosité et frénésie. Ce voyage littéraire hors pair est un détour dans l’évasion ultime.

Évlyne Léraut, Babelio (France), 18 nov. 2021

Dès la première page j’ai réalisé que cet écrivain est un auteur de grand talent… Ce frisson agréable que procure une écriture forte et maîtrisée, tour à tour brillante et séduisante, m’a vite conquis.

Dans des pages pour le moins fascinantes, on assiste à des épisodes importants de notre histoire. Ces pages à elles seules valent le détour. Mais d’autres sont tout simplement sublimes.

Le passage ayant trait à l’enfance de Loïc est magnifique de contenu et de finesse d’écriture. La prose y est remarquable, la syntaxe et le lexique sont d’une grande qualité. Nous sommes bien proches de la poésie, proches du grand art tel qu’il se rencontre dans les grandes œuvres romanesques.

Le moindre détail dans ce roman a partout son importance. Je l’ai dit, l’architecture en est magistrale.

J’ai donc suivi le parcours hallucinant de cette pierre maudite avec beaucoup d’intérêt. Mais cet intérêt, les morceaux dont je vante la beauté l’ont souvent supplanté. Ces récits gigognes — poupées russes, petites histoires dans l’histoire — sont tout aussi intéressants les uns que les autres. Ce sont de véritables pièces d’anthologie. J’en veux pour exemple… le destin tragique de la femme du juge D’Anjou. Ce passage donne à son auteur l’occasion de faire valoir l’étendue de son talent, lequel est aussi à l’œuvre dans maints passages où le verbe atteint des sommets d’expressivité et de force poétique pour le moins vertigineux.

Daniel Guénette, Propos sur la littérature, 17 nov. 2021

Je ne sais si de nos jours il existe encore au Québec, ou en francophonie, des romanciers capables d’une envergure permettant un tel regard et une telle complexité dans l’enchevêtrement du temps et de l’espace d’un récit.

Jean-Pierre Pelletier, FB, 15 novembre 2021

Ce grand livre, aussi français et américain que québécois, et même un peu cubain, est l’arbre d’une vie et d’une époque ayant commencé après Hiroshima…
Un conte policier fantastique, digne d’Edgar Allan Poe, gravitant autour d’un bijou… symbole des forces mystérieuses liées à ce pseudo hasard qui préside aux rencontres entre humains. Ce conte en attente d’un grand film est une épopée eschatologique.
Jacques Dufresne, L’Agora, 27 septembre 2021

Mario Pelletier a réussi le pari d’insérer et d’entremêler le parcours intime et social de la vie de Loïc, le héros narrateur, aux intrications romanesques d’une vaste toile d’araignée étendue sur plusieurs siècles… Une écriture où la grande part poétique et réflexive est intimement mêlée à de grands déliés qui arrivent à point, en charnière, pour maintenir le lecteur en haleine et faire avancer le récit sans qu’il n’y ait jamais « d’encombrement ». Seuls quelques extraits peuvent donner le ton de la grande, époustouflante aventure dans laquelle le lecteur est convié.

Yzee, Babelio, 14 septembre 2021

Extraits :

Prologue et premier chapitre

La pierre de Satan

PROLOGUE

Ces choses s’étaient passées il y a plus ou moins longtemps, mais il les vit peu à peu réapparaître, se réinscrire comme des traces de jets dans un ciel inaccessible : trois flèches dans le temps, trois trajectoires fatales.

En 1842, dans les régions pionnières du Missouri et de l’Illinois, dans ces lieux encore sauvages où se succèdent les caravanes de chariots bâchés en route vers l’Ouest, les bandes d’Amérindiens armés qui souvent s’attaquent à ces charrois pour le butin, et les aventuriers sans foi ni loi qui écument tout sur leur passage, une jeune femme tenant un bébé emmailloté dans ses bras fuit, fuit éperdument par des chemins écartés, pour éviter les regards curieux, les soupçons, les interpellations ; sous l’aiguillon de la peur, elle marche vers le Nord, se battant avec l’acharnement du désespoir, avec toute l’énergie de sa jeunesse, contre le froid et les pluies de novembre, contre la faim et la soif, contre les distances et les hasards de la route, la tête encore retentissante des scènes d’horreur dont elle s’est échappée par miracle : des flammes, du sang, des morts. Il ne faut pas que cette fureur diabolique les rattrape ! Elle marche vite, vite, tant qu’elle peut, sans se retourner, attentive au moindre souffle, à la moindre plainte du bébé serré contre elle. Tout ce qu’elle peut glaner ici et là, c’est d’abord pour l’enfant. Elle trouve refuge où elle peut, pour quelques heures de sommeil par-ci, par-là. C’est une longue distance à parcourir : il faut qu’elle tienne le coup, il le faut ! Elle doit arriver à ce couvent, coûte que coûte, avant les neiges.

En 1920, dans le Bas-Saint-Laurent, dans une forêt écarlate d’automne, un grand gaillard septuagénaire avance péniblement entre les arbres, chargé d’un homme inanimé sur ses épaules, laissant derrière lui une longue traînée de sang. Les herbes fanées et les feuilles mortes s’agglutinent avec le sang sur ses bottes, et il continue de marcher d’un pas machinal de somnambule, de robot, fonçant d’instinct vers le village, vers sa maison. Dans l’atmosphère glacée, sous un ciel lourd et fermé, monte de temps à autre la plainte lugubre d’un huard qui semble réverbérer sa tragédie : cette fatalité sans nom qui le cerne, le traque depuis l’enfance. Lui qui n’a guère chialé dans sa vie, le colosse qui n’a jamais chancelé, il sanglote, il pleure sans retenue, parce qu’il porte sa mort sur son dos, parce qu’il sait qu’il meurt ce jour-là, avec son fils.

En septembre 2001, un homme entre deux âges file dans un car de nuit vers New York. Il mordille anxieusement sa moustache en observant, à la dérobée, les autres voyageurs qui dorment, pour la plupart. Lui, il n’arrive pas à trouver le sommeil ; trop anxieux, trop tendu, avec ce qu’il tient sous son imperméable, cette mallette enchaînée à son poignet qui renferme un bijou rare, unique, d’une valeur inestimable, dont le reste de sa vie dépend, sans doute. C’est un énorme coup de poker, il risque gros : dans sa famille, dans son ménage, dans sa carrière. Tout ce qu’il a machiné depuis des mois : il le sait, il joue avec le feu.

Ces trois fatalités en marche, ces trois courses tragiques se poursuivent dans des temps hors du temps – trois asymptotes d’une énigme plusieurs fois séculaire courant au-dessus de la courbe infinie du monde – et, au milieu, à la croisée intemporelle de ces chemins, s’il en est une, un enquêteur, souvent narrateur, et un chœur de voix surgies de-ci de-là, des regards multiples balayant la nuit comme des gyrophares, sondant, fouillant passé, présent et entre-deux, pour éclairer cette énigme familiale et personnelle et la déchiffrer ; pour percer le mystère et en tirer raison.

Mais sur un tambour lointain, très lointain, un tympan cosmique aussi vieux que le big bang, une clameur roule comme un écho répercuté de tombe en tombe dans la nuit des temps, une voix sépulcrale :

— Au bout de quel enfer cette malédiction mènera-t-elle ?

On dit parfois que le diable porte pierre, voulant dire qu’il sert les desseins de Dieu, mais quand une pierre porte le Diable, qu’arrive-t-il ?


Chapitre 1